
L’art thérapie est définie de multiples manières selon les associations professionnelles notamment. Elle est considérée comme une méthode de soin faisant appel à divers processus de création ayant pour but une transformation positive de soi-même. L’expérience artistique vient se substituer à une parole qui ne saurait s’énoncer ou centrée sur le sujet et sa problématique. La verbalisation porte ici sur les ressentis, les sensations et les émotions éprouvés lors du processus et sur les productions en elles-mêmes. C’est une mise en mouvement intérieur qui est recherchée, un chemin vers soi à travers divers dispositifs : arts plastiques – corps et voix – musique – modelage – marionnette – jeux inspirés des arts de la scène.
Médiation expressive
Art-thérapie à médiation plastique et visuelle : Utilisation de couleurs, matières et images.
Approches expressives : Incluent le dessin intuitif, la sculpture sur argile, la création de masques, le collage.
Approches corporelles et scéniques : Danse spontanée, mouvement, théâtre et marionnettes.
Approches verbales et narratives : Récits et écriture.
Dans l’approche de l’art thérapie dont je suis issue, ces divers dispositifs s’appellent des modalités. Ces modalités représentent les différents modes d’être en relation avec le monde : de façon plutôt visuelle, sonore, cinétique, verbale. Elles se développent en termes d’espace-temps où se mêlent les productions, les matériaux, les humains et l’environnement. Ce qui est pris en compte dans ma démarche est l’entier complexe de la situation, le processus engagé et la façon dont les formes et l’expression surgissent. Il s’agit d’un accompagnement thérapeutique visant à faire émerger « le vivant » et les ressources de chacun. Cette démarche permet également de laisser surgir une problématique inconsciente qui entraverait le bien-être et l’épanouissement de la personne. Comme le dit Jean-Pierre Klein « L‘art thérapie apparaît comme une chance nouvelle d’accéder à ses sentiments et à ses émotions refoulées parce qu’elle travaille « mine de rien » en utilisant une stratégie de détour qui permet de contourner les résistances au changement« .
Il s’agit pour moi d’un « travail » d’exploration, de découverte et de mise en forme qui repose sur l’imaginaire, la symbolisation, la capacité à faire des liens et le jeu. Grâce à mon métier initial de comédienne, mon approche reste intimement liée à cette notion du « comme si ». Cette notion permet une mise à distance tout en demandant un engagement authentique. Cette recherche d’authenticité va permettre à la personne de développer une image valorisante de soi et de prendre « au sérieux » son individualité, sa spécificité, sa différence, voire ses zones de souffrances minimisées ou non conscientisées.
Cadre
Outre le cadre institutionnel et ceux définissant la prise en charge, je le définis par l’espace de jeu comme espace transitionnel et contenant. Dans ce cadre, « tout est permis »: je peux être ou devenir qui je veux, et je peux m’exprimer comme je veux. Il offre au sujet la possibilité de laisser s’exprimer sa personnalité, sa créativité, tout en instaurant un rapport actif à la réalité. S’y déploient les émotions (parfois refoulées) qu’elles soient de bases ou plus complexes, les frustrations, ainsi que certaines peurs archaïques. Nommé ainsi par Donald Winnicott « Cet espace est à la confluence entre le monde intérieur et le monde extérieur. Il représente un espace intermédiaire, le lieu d’une potentialité« . Jouer, c’est faire et faire relève d’une pulsion de vie. C’est elle qui sera recherchée et accompagnée à travers mon dispositif.
Ce dernier se conçoit toujours en lien avec la personne, ses besoins, sa demande (ou non-demande) ses envies, ses résistances aussi. Aucun résultat, jugé comme « réussi », n’est attendu, et il n’existe jamais de juste ou de faux.
Aucun prérequis artistique n’est demandé. L’alliance thérapeutique peut prendre du temps. Ill importe de le considérer dès le départ. Le respect du rythme de « déploiement » du patient ou de la patiente reste une notion inhérente à ma démarche.
Structure des séances : je propose des dispositifs qui alternent des moments d’expression sensible et des moments réflexifs. Durée 1h15. Cette durée varie selon les âges.
Outils
Les outils que j’utilise sont essentiellement en lien avec les arts de la scène et ceux de la représentation : marionnettes – masques – costumes – figurines – Lego – écriture – contes. Je sollicite le corps, la voix, l’imaginaire, et donne une grande importance aux récits. Divers jeux ludiques de training de l’acteur font également partie de mon bagage. Chacun de ces outils est utilisé, modulé, adapté en fonction de l’âge, de la problématique (affective, psychique, émotionnelle, physique…) et du contexte du patient ou de la patiente.
Je recours également aux modalités visuelles comme les images, le collage, la terre, le cahier créatif, et le land-art.
Objectifs
Renouer avec le vivant en soi. Redynamiser l’élan vital. Trouver ou restaurer une confiance en sa nature. Activer ses ressources et se (re)connecter à son potentiel d’évolution Se centrer et accéder à une stabilité tant émotionnelle que psychologique, que sur le plan physique. Accompagner vers un cercle vertueux. Enrayer les schémas de répétition. Conscientiser un phénomène. Trouver du sens. Guider vers une autonomie. Prendre du recul.
En milieu scolaire : restaurer une dynamique positive. Proposer un dispositif luttant contre le harcèlement. Favoriser la collaboration et les échanges non-violents. Accompagner les élèves en difficulté scolaire ou d’insertion.
Pour qui ?
Parents-enfants / Enfant d’âge préscolaire 2-4 ans / Enfant d’âge scolaire 5-11 ans / Préadolescent / Adolescent jusqu’à 16 ans / Personne issue de la migration /
Travail en groupe ou en individuel
Valeurs et code déontologique
Non-jugement, qu’il porte sur le processus, les créations, les productions, la parole, ou encore sur l’attitude face aux propositions. Respect de l’intégrité de la personne. Non-directivité. Bienveillance. Secret professionnel. Confidentialité – collaboration avec un réseau si mis en place. Rapport régulier aux parents ou représentant de l’autorité.
Interdiction de toute pratique mystique ou exercice illégal de la médecine. Tenue de rapport de chaque séance. Obtention des titres d’exercer à disposition des patient.e.s.
Supervision régulière
Se référer au code déontologique de l’OdA ARTECURA https://new.araet.ch/wp-content/uploads/2024/10/Code-de-deontologie-v.07.2024.pdf